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La légende des cols

Du col de la Croix de Fer en passant par le Télégraphe et le Galibier, la Maurienne possède certainement les plus beaux et les plus spectaculaires cols de tout l’arc alpin.
Les cols ont écrit et continuent d’écrire l’histoire de cet étonnant territoire que l’on conjugue plutôt… à la verticale.

Les grands cols de Maurienne très fréquentés avant l’ère ferroviaire et la percée des tunnels ont permis de fertiles échanges économiques entre la France et l’Europe. En 1860, le trafic au Mont-Cenis impose le respect : on évaluait le trafic annuel à près de 50 000 voyageurs et 30 000 tonnes de marchandises : du plomb argentifère tiré des mines, du sel, du bois, de la soie acheminée ensuite vers Lyon, le tout à dos d’homme, de mulet ou en diligence.
Beaucoup plus tard, la Route des Grandes Alpes allait très largement contribuer au prestige et à la renommée des cols Mauriennais. Inauguré en 1937 cet itinéraire a vocation touristique reliera Nice à Thonon-les-Bains en passant par les hauts cols.
Mais leurs lettres de noblesse, ces cols sauvages et solitaires, ils les doivent aux exploits et à l’abnégation des coureurs du Tour de France qui ont écrit, à l’assaut de ces ascensions, les plus belles partitions de l’histoire cycliste.

Les sommets : demeures des dieux, fées et démons

Les anciens considéraient volontiers qu’une montagne hors du commun pouvait constituer le symbole ou la demeure d’un ou plusieurs Dieux. Les gaulois prenaient dit-on le Mont Blanc pour une sorte d’Olympe, pour la Bible Dieu s’est manifesté dans le Sinaï, quant à l’Everest son vrai nom népalais et tibétain est Chomolungma, la déesse mère des vents.
Rien d’étonnant à ce que la solitude et l’éloignement des hauts cols de Maurienne soient propices à la naissance des légendes.
La vouivre au corps de serpent, aux ailes de chauve-souris, et pourvue de pattes de pourceau, représentée aussi sous la forme d’une femme fée détentrice d’un trésor vivait dans les lacs d’altitude, aux alentours des cols et des sommets.
Quant aux fées elles étaient peu présentes en Maurienne. Une légende raconte toutefois que deux d’entre elles vivaient sur les hauteurs de Saint-Sorlin et qu’elles détenaient les secrets d’une tomme merveilleuse, un secret qui disparut avec elles. Aux fées les mauriennais préféraient un être omnipotent vivant sur les sommets. On l’appelait le génie des montagnes. C’est lui qui commandait aux tempêtes, surveillait les mines et le cristal et se réservait la chasse aux chamois au-dessus des nuages.
Le diable, démon griffu aux ailes de chauve-souris gardait les cols et en défendait l’accès, on y croyait dur comme fer même si ces prétendus démons étaient des gardiens au service d’un seigneur féodal…
Au pied de la Croix de Fer, dans la vallée de l’eau d’Olle on parlait des bouames, des êtres sauvages de petites tailles que l’on soupçonnait d’enlever les enfants. Les bouames que l’on retrouve partout d’Isère en Maurienne et en Savoie étaient de petite taille et présentaient des anomalies physiques plus ou moins spectaculaires. Aujourd’hui les fées bouames et vouivres ont déserté les cols et les sommets. Les légendes s’écrivent désormais avec la sueur des cyclistes du Tour… Zian des alpes, conteur de Maurienne évoque même « la faye de la croix de fer qui veilla sur les voyageurs et galvanise aujourd’hui les héros du cyclisme…

Voyage en petite reine

Par une matinée baignée de soleil, ils ont enfourché leur petite reine pour une fabuleuse aventure au cœur des Alpes. Déjà dans les premiers lacets du col le peloton s’étire, s’effiloche. Devant, ils sont trois échappés à la conquête du maillot jaune.
Sur le bord de la route, la foule est immense… Et pourtant, dans ce même temps, le coureur est face à lui-même dans l’effort colossal qu’il doit produire, face à cette pente qu’il doit gravir, face à ce col qu’il doit franchir. De l’autre côté, après le Col de la Croix de Fer, il y a une autre vallée, des espoirs de victoire et tout au bout, pourquoi pas, la gloire… Mais pour l’instant l’athlète doit se battre seul contre tous, sous un soleil de plomb, dans une montée infernale…
Seul ? NON… Une vieille légende raconte qu’une petite fée « la Faye du Col de la Croix de Fer » veille sur le passage de chaque voyageur. Ho ! Elle est bien discrète, assise sur son petit nuage… Mais… Dans ce moment d’effort intense où l’homme flirte avec ses limites physiques, où le coureur est galvanisé par les hourras de la foule, elle allume dans son cœur une petite lumière. Elle, fée du Col de la Croix de Fer, vient l’encourager, l’accompagner jusqu’au bout de son effort. Et quand la descente libératrice commence à l’aspirer vers la vallée, elle le quitte en lui soufflant tout son amour dans le creux de l’oreille :
– VA… La route est longue encore, le chemin vers la victoire bien ardu mais avec l’or tu triompheras. VA… Je pense à toi… VA…
Alors d’un coup de pédale, fort d’une énergie retrouvée, le cycliste s’élance dans la pente, oubliant la souffrance, le cœur illuminé de bonheur.
Le Tour de France a son histoire, le Tour de France a ses légendes… Ici, dans nos vallées de l’Arvan et des Villards, on raconte simplement que pour celui qui franchit le Col de la Croix de Fer, une petite fée veille…
Zian des Alpes le 18 juillet 2006
Légende mise au point et racontée pour le passage du Tour de France

 

Texte issu du Magazine Destination Maurienne n°12 – été 2009

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